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Ousorton #55 et #56

Isabelle PERREAU aiguise sa plume : « C’est un voyage bien organisé qui nous emmène dans des sujets profonds face auxquels on ne peut plus se cacher… Des vérités criées au reste du monde, espérons qu’il veuille bien écouter. Qu’il soit prêt… Car il se pourrait que l’on ait encore un rôle à jouer. »

Ousorton #55
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L’heure de la nouvelle année…

« Il est d’excuse le temps des masques, l’époque des distances, inutile d’être proche pour se rapprocher. Des craintes versatiles aux fenêtres en absence, ne nous détestons pas si nous sommes éloignés. Vivons en aveux plutôt que travestis, apprenons de nos cœurs, les rancunes au bûcher. Offrons nous donc plus d’yeux que de regards enfuis, nos amis sont bien peu, inutile de brûler. Troquons l’oraison pour des lendemains meilleurs, juste un peu d’horizon, de présents à goûter. Carpe diem pour demain, très adieu mes chères peurs, on se touchera la main, dans l’attente, bonne année. »

Showguns.

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A l’abri du jour

Dans son nouvel album, À l’abri du jour, Showguns prend la mesure du temps. Et si « le présent devient passé » toute l’idée de cet opus est pourtant de nous parler d’avenir et de l’influence que nous pouvons avoir sur lui.

Showguns sort un disque… Il suffit de deux petites secondes pour lire cette phrase qui prétend résumer des années de bouillonnement, de travail et d’envie. Mais il aura fallu attendre sept ans – depuis la sortie de leur précédente galette intitulée Les sinistres contes – pour que le groupe compose le deuxième chapitre de son histoire musicale. Nous donne enfin de ses nouvelles. « Nouvelles » étant le terme exact pour qualifier les morceaux de cet album. Car il ressemble bel et bien à un livre que l’on feuillette, à des pages que l’on tourne. Concept que l’on retrouve jusque dans le graphisme du disque rappelant celui d’un ouvrage de littérature. Ses neuf titres nous narrent, comme des chroniques, des vies qui ne nous sont pas étrangères. Certains ont été écrits il y a des années. Pour le plus ancien, il y a près de deux décennies. D’autres sont à peine sortis du four. Tous sont ancrés dans le présent et ont pour auteur Bertrand Devin. Dans Showguns, il est la plume exigeante qui traduit le monde. Devin nous parle de ceux qui jugent, de l’engagement ou des renoncements, des autres – si éloignés – qui nous ressemblent néanmoins. Des puissants et des humbles, de l’argent roi, de l’appât du gain et du prix à payer. Vaste programme ! La synergie du set arrive ensuite. En plus d’être parolier, Bertand Devin chante et tient la guitare. S’ajoute ensuite la basse de Stève Darnet et la batterie de Damiens Boes. À eux trois, ils habillent de concert ces textes travaillés, polis par l’urgence de l’exactitude et la recherche du mot qui sonne et tape juste. Volutes musicales, chaque titre embarque, enrobe. Voix, cordes et baguettes s’accordent pour construire une rythmique implacable au service des humanités que Showguns nous raconte. De montées douces en descentes abruptes, de légèreté en puissance, de murmures en clameurs, l’album nous entraîne, oui, dans ce fameux mouvement ininterrompu. Anguleux ou dans la rondeur, le souffle rock ne se tarit jamais. Attisant le feu. Le temps, lui, ne compte pas et le groupe fait fi des impératifs qui ordonnent de calibrer les chansons. Certains titres font plus de six minutes. Trop long ? Allons… C’est là le talent du groupe qui nous attrape par le col dès les premières mesures. Nous fait emprunter des chemins de traverse entêtants à la prod’ léchée où les textes prennent toute leur dimension. La vieille amitié des membres du trio s’entend dans cette complexité qui semble si évidente à l’oreille. Aucune facilité pourtant. Car l’exigence ne s’est pas effilochée au fil des années, bien au contraire.

À l’abri du jour, piste après piste, dessine entre riff et poésie âpre un pur album rock. Un porte-voix dont la forme et le fond ne versent jamais dans les poncifs du genre. Un disque hors du temps où le passé est digéré et le présent devient un futur possible.

Fabienne Desseux